LA PAROLE DANS LES PIÈCES DE DANSE CONTEMPORAINE

Tauberbach d’Alain Platel ©Chris Van der Burght

La danse contemporaine ne parle pas « trop ». 

A partir des années soixante-dix les danseurs ont la parole au plateau. Pina Bausch est la première à faire parler ses interprètes. Le langage est au coeur de Tauberbach, création d’Alain Platel qui s’inspire du personnage d’Estamira (du documentaire de Marcos Prado). Dominique Dupuy met en danse actes sans paroles de Samuel Beckett, avec un soliste qui s’exprime sur le plateau. Sidi Larbi Cherkaoui introduit du texte dans ses créations.

« Pour moi, on ne pas séparer les paroles, la danse, les corps. Je me méfie toujours des frontières que l’on édifie entre les genres. » (William Forsythe). Plus généralement, les échanges, connexions, contaminations entre danse et théâtre sont fréquentes, et cela va en se développant (idem pour le cirque, les arts de la rue et la marionnette).

Par J.Bloch

La place des enfants dans la danse contemporaine

Spectacle Roméo et Juliette, 2013, Groupe Grenade. Chorégraphie Josette Baïz.

L’enfant a une propension naturelle à se mouvoir et à danser. Le jeune public est au coeur de la création et de la danse contemporaine. Le duo José Montalvo et Dominique Hervieu a fait des prodiges en théâtre jeune public et a initié un cycle chez tous les créateurs et CCN. Les enfants ont fait irruption sur les scènes (comme sur les scènes d’opéras depuis des lustres, les livrets imposant la présence d’enfants, de la Flûte enchantée à Carmen). L’ensemble « Grenade » (Compagnie créée en 1998, spectacles repris au Théâtre de la Ville en 2015-2016, suite au Groupe Grenade composé d’enfants et d’adolescents) en est l’exemple le plus éclatant. Josette Baïz, créatrice de la compagnie, est en effet une pionnière dans ce domaine : elle y consacre toutes ses énergies. Elle a été formée par Odile Dubosc qui se mit très tôt à donner des cours pour les plus petits. Boris Charmatz a créé une pièce pour enfants danseurs (Enfant, 2011). Jean-Claude Gallotta a signé Trois Générations en 2005, pièce dans laquelle il met en scène l’enfance, entre autres âges de la vie.

Par J. Bloch

LA DANSE CONTEMPORAINE N’EST PAS ENNUYEUSE

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Il y a eu pléthore d’innovations en danse depuis les débuts de la vogue contemporaine, en gros depuis un bon demi-siècle. Quelques exemples pour démonter l’idée reçue de l’ »ennui » que susciterait une danse contemporaine par trop « austère » : introduction du hasard en danse (Merce Cunningham, Seize danses pour soliste et compagnie de trois, 1951), idée de danser sur de la terre fraîche (Pina Bausch, Le Sacre du Printemps, 1975), déformation des corps (Alwin Nikolais, Noumenon, 1953), dynamitage des codes du ballet (William Forsythe, Artifact, 1984), opérer une révolution des corps (Anna Halprin, Parades and Changes, 1965), mettre en danse l’opéra (Trisha Brown, Orfeo de Monteverdi, 1998 ; Les yeux et l’âme, d’après Pygmalion de Rameau, 2013), danser dans l’eau d’une piscine (Daniel Larrieu, Waterproof, 1986), chorégraphier l’ouverture des Jeux Olympiques (Philippe Découflé, Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, 1992), danser un duo avec une grue (BTP) au sein d’une cité (Dominique Boivin, Transports exceptionnels, 2005), danser avec des cygnes, des grues (grands échassiers de Mandchourie, cette fois!), et des loups sur scène (Luc Petton, Swan, 2015 ; Light Bird, 2016 ; nouvelle création avec deux loups sur scène, 2017), continuer à créer à quatre-vingt-dix ans (Merce Cunningham, Nearly Ninety, 2009)… pour ne prendre que quelques exemples de révolutions silencieuses de la danse depuis l’après-guerre. Si c’est vraiment ennuyeux, c’est en réalité que c’est raté. La qualité existe aussi en danse ! On a choisi ici quelques exemples prestigieux, mais non exhaustifs, qui ont conquis les publics internationaux les plus divers.

Par J. Bloch

La danse contemporaine n’est pas élitiste

De Philippe Decouflé à Angelin Preljocaj, de nombreux danseurs et chorégraphes souhaitent élargir le public de la danse contemporaine, par les arts de la rue ou les grands spectacles avec de nombreux participants. Ne parlons pas du hip-hop, des danses urbaines qui partent de la rue pour aller vers les plateaux, festivals (Lyon, Suresnes…) et CCN les plus prestigieux (deux directeurs de CCN sont issus de la danse hip-hop). La Biennale de Lyon / Danse attire près de cent mille spectateurs dans les salles et dans la rue (défilé). Le goût de chacun diffère d’un individu à l’autre, et il y a toutes sortes de façon de trouver sa vérité dans la danse : entre danse et cirque (François Verret, Joseph Nadj, Zimmermann & de Perrot…), entre danse et arts plastiques (Merce Cunningham, Maurice Béjart, Roland Petit, Trisha Brown, Hervé Robbe, Régine Chopinot, Benjamin Millepied…), entre danse et mode (Maurice Béjart, Sidi Larbi Cherkaoui…), entre danse et théâtre (Romeo Castellucci, Pina Bausch, Misha Baryshnikov…), entre danse et performance (Rizzo Christian, Francis Plisson…).

Par J. Bloch

Résidences-Missions chorégraphiques en Collège

Lors de cette année scolaire qui débute, La Belle Orange coordonne deux résidences-missions en collège, l’une au collège Maurice Genevoix de Romorantin, l’autre au collège Pierre de Ronsard de Bourgueil.

Le Conseil départemental d’Indre-et-Loire et celui du Loir et Cher, l’Université François Rabelais, la DRAC Centre – Val de Loire et la Direction des services Départementaux de l’Education nationale d’Indre et Loire et du Loir et Cher ont signé en 2015 un protocole d’accord pour l’éducation artistique des collégiens d’Indre et Loire. La mairie de Bourgueil soutient activement le projet pour le collège. Ce projet d’inscrit dans le cadre de l’Éducation Artistique et Culturelle, politique publique fondamentale développée par l’État.

Ces deux projets s’articulent autour de plusieurs axes permettant aux collégiens d’être sensibilisés à l’art contemporain notamment via la danse, et d’être immergés à l’intérieur d’un processus de création en danse contemporaine :

  • Ateliers de pratiques amateurs autour d’un projet de création en lien avec l’esthétique et la sensibilité du chorégraphe référent et l’enseignement pédagogique fondamental
  • Sensibilisation à la danse contemporaine par le biais d’une conférence dansée, de visionnage de vidéos de danse (de films, de documentaires etc…), de discussion autour de l’histoire de la danse et de la démarche artistique des chorégraphes
  • l’école du spectateur par le biais de performances in situ et d’un parcours du spectateur réalisé avec la collaboration de la Maison de la Culture de Bourges, du le CCN de Tours, du le Petit Faucheux et de la Cie Marouchka, du Théâtre Olympia CDN de Tours et de l’Espace Malraux

Trois chorégraphes sont engagés dans le projet au sein du collège Maurice Genevoix. Il s’agit de Sandrine Bonnet (Cie Le Chiendent), Nicolas Maurel et Mélanie Marie (A.ssociation M.ouvement A.rtrope) et Cécilia Ribault (La Belle Orange). Trois classes de 4ème et une classe de SEGPA seront bénéficiaires du projet.

Trois chorégraphes sont engagés dans le projet au sein du collège Pierre de Ronsard. Il s’agit de Francis Plisson (Cie Marouchka), de Cécilia Ribault (La Belle Orange) et d’Hélène Rocheteau (La Belle Orange). Trois classes de 4ème sont immergés dans le projet.

PARIS RESEAU DANSE SOUTIENT EVA KLIMACKOVA

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Nous avons le plaisir d’annoncer qu’Eva Klimackova (Cie E7KA) sera accompagnée par le Paris Réseau Danse en résidence de création sur l’année 2018 pour sa prochaine création chorégraphique. Paris Réseau Danse rassemble depuis janvier 2015 le CDC Atelier de Paris-Carolyn Carlson, L’étoile du nord – scène conventionnée danse, Micadanses – ADPP ainsi que le studio Le Regard du Cygne.